Le Congrès américain se penche sur une proposition de loi visant à inscrire le Polisario sur la liste des organisations terroristes étrangères.
Le Front Polisario dans le viseur du Congrès américain. Le député républicain Joe Wilson, soutenu par son collègue démocrate Jimmy Panetta, a officiellement introduit une proposition de loi bipartisane visant à inscrire le Polisario sur la liste des organisations terroristes étrangères des États-Unis. Le texte, intitulé Polisario Front Terrorist Designation Act, a été soumis le 24 juin aux comités des Affaires étrangères et de la Justice de la Chambre des représentants.
Cette initiative, longtemps annoncée, s’inscrit dans une escalade politique marquée par le rapprochement stratégique entre Washington et Rabat. Joe Wilson, fervent défenseur de l’intégrité territoriale du Maroc, dénonce le rôle du Polisario comme « milice marxiste soutenue par l’Iran, le Hezbollah et la Russie », accusée de déstabiliser l’Afrique du Nord au profit de puissances hostiles aux intérêts occidentaux.
La proposition intervient dans un contexte de renforcement du soutien américain au plan marocain d’autonomie au Sahara. En avril dernier, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a réaffirmé que l’initiative marocaine est la seule base sérieuse pour une résolution durable du conflit, balayant implicitement les revendications séparatistes soutenues par Alger.
Outre les prises de position politiques, des think tanks influents comme le Heritage Foundation ou le Hudson Institute multiplient les rapports sur les connexions du Polisario avec les réseaux terroristes sahéliens, les trafics d’armes et l’implication de combattants formés par l’Iran et déployés en Syrie. Le Washington Post a récemment confirmé ces soupçons, citant des sources diplomatiques et militaires faisant état de combattants du Polisario capturés dans des zones de guerre au Moyen-Orient.
Si elle est adoptée, cette législation marquera un tournant radical dans la perception américaine du dossier saharien, en qualifiant formellement le Polisario de menace sécuritaire internationale. Elle pourrait également isoler davantage le mouvement sur la scène diplomatique et compliquer ses soutiens, notamment en Europe.

