Face aux tensions géopolitiques et aux risques de pénurie, l’Inde accélère sa stratégie de sécurisation des engrais. Dans ce contexte incertain, le Maroc s’impose comme un partenaire stratégique majeur, renforçant son rôle clé sur le marché mondial des fertilisants.
À l’approche de la saison agricole estivale, l’Inde intensifie ses efforts pour sécuriser ses approvisionnements en engrais, dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes. Entre tensions persistantes au Moyen-Orient et restrictions d’exportation imposées par la Chine, New Delhi multiplie les négociations avec plusieurs partenaires, dont le Maroc.
Parmi les principaux importateurs mondiaux de fertilisants, l’Inde anticipe une hausse importante de la demande entre juin et juillet, période clé pour les cultures de riz, de maïs, de coton et d’oléagineux. Pour éviter toute rupture, le pays a engagé des discussions avec des fournisseurs majeurs, notamment la Russie, la Biélorussie et le Maroc.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte géopolitique particulièrement tendu. Le Moyen-Orient, qui assure près de la moitié des importations indiennes d’urée et de phosphate diammonique (DAP), est fragilisé par les conflits en cours et les risques pesant sur les routes maritimes stratégiques, notamment dans le détroit d’Ormuz. En parallèle, les restrictions chinoises sur les exportations de fertilisants contribuent à resserrer davantage l’offre mondiale.
Malgré des stocks actuellement plus élevés qu’en 2025, avec une hausse notable de 10,7 % pour l’urée et de plus de 100 % pour le DAP, les autorités indiennes restent prudentes. La crainte d’un prolongement des tensions internationales pousse New Delhi à diversifier ses sources d’approvisionnement.
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Dans ce contexte, le Maroc apparaît comme un partenaire de premier plan. À travers OCP Group, le Royaume s’impose comme l’un des leaders mondiaux des engrais phosphatés. Des accords à long terme ont d’ailleurs été conclus entre les deux pays, portant sur environ 2,5 millions de tonnes d’engrais par an, afin de sécuriser les besoins agricoles indiens.
Cette montée en puissance du Maroc s’inscrit dans une dynamique plus large de recomposition du marché mondial des fertilisants. Les perturbations des flux de gaz, indispensables à la production d’urée, ainsi que la volatilité des prix, passés de moins de 425 dollars la tonne à plus de 600 dollars, accentuent la pression sur les chaînes d’approvisionnement.
Au-delà de l’Inde, d’autres acteurs internationaux, notamment les États-Unis, manifestent également un intérêt croissant pour les engrais marocains, dans un contexte de tension durable sur les marchés.
Entre incertitudes géopolitiques, pression sur les ressources et besoins agricoles croissants, la bataille pour sécuriser les engrais s’impose désormais comme un enjeu stratégique global, où le Maroc confirme son rôle central.

