Alors qu’un retour du phénomène climatique El Niño se dessine à l’horizon 2026, les experts appellent à la prudence quant à ses effets réels sur le Maroc.
Le système climatique mondial pourrait basculer vers un nouvel épisode d’El Niño au cours de l’été 2026. Selon les données de l’Organisation météorologique mondiale et de la National Oceanic and Atmospheric Administration, la probabilité de voir ce phénomène se développer dépasse 60 % durant la seconde moitié de l’année.
Ce réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial entraîne généralement une libération accrue de chaleur dans l’atmosphère, contribuant à une hausse des températures à l’échelle mondiale. Les épisodes les plus intenses, parfois qualifiés de “Super El Niño”, sont souvent associés à des records de chaleur planétaires.
Si El Niño influence fortement certaines régions du globe, son effet sur le Maroc reste plus nuancé. Les spécialistes de la Direction générale de la météorologie soulignent que son impact est indirect, irrégulier et dépend fortement des saisons.
Les régions du Sud, notamment les zones arides comme Dakhla, Laâyoune ou Ouarzazate, peuvent être plus sensibles à ses effets, surtout au printemps. En revanche, dans le Nord et le Centre, cette influence apparaît plus atténuée.
En hiver, période cruciale pour les précipitations, d’autres causes climatiques prennent le dessus, notamment les oscillations atmosphériques de l’Atlantique Nord et les dynamiques méditerranéennes. De plus, durant l’été, le climat marocain est principalement façonné par des éléments régionaux, comme la dépression thermique saharienne.
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Les climatologues insistent également sur les limites actuelles des modèles de prévision. La période printanière est marquée par ce que les scientifiques appellent la “barrière de prévisibilité printanière”, qui réduit la fiabilité des projections concernant l’évolution d’El Niño.
Résultat : il est encore trop tôt pour établir des scénarios précis concernant ses impacts sur les températures ou les précipitations au Maroc.
Si certains experts estiment qu’El Niño coïncide souvent avec des périodes de sécheresse, ils rappellent que ce phénomène ne peut, à lui seul, expliquer la situation hydrique du pays.
La sécheresse au Maroc est avant tout structurelle, liée à la nature du climat et aggravée par le changement climatique. L’augmentation des températures accélère l’évaporation et réduit les ressources en eau disponibles, malgré des niveaux de précipitations parfois significatifs.
Les dernières années illustrent cette complexité : entre 2020 et 2024, le Royaume a connu des épisodes de sécheresse marqués, y compris durant des phases La Niña, pourtant généralement associées à des conditions plus humides.
Dans ce contexte, le retour probable d’El Niño en 2026 doit être considéré comme un facteur parmi d’autres dans l’analyse climatique. Les experts appellent à une lecture prudente, basée sur des modèles régionaux et une compréhension globale des dynamiques atmosphériques.
Face aux risques croissants, stress hydrique, pression sur l’agriculture ou augmentation des incendies, l’enjeu reste avant tout l’adaptation : gestion rigoureuse des ressources en eau, politiques agricoles résilientes et anticipation des extrêmes climatiques.

