Le moral des ménages marocains repart à la hausse en ce début d’année 2026, porté par une amélioration notable de l’indice de confiance. Derrière ce rebond, les inquiétudes liées au pouvoir d’achat et à l’inflation continuent toutefois de peser sur les perspectives.
L’économie marocaine envoie un signal encourageant, mais encore fragile. Selon la dernière note du Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’Indice de confiance des ménages (ICM) a atteint 64,4 points au premier trimestre 2026, marquant une nette progression par rapport aux 46,6 points enregistrés un an plus tôt.
Cette amélioration traduit un changement de perception notable. Après plusieurs périodes marquées par le pessimisme, les ménages affichent un regain d’optimisme, notamment concernant leur situation financière future. Pour la première fois depuis plusieurs trimestres, le solde d’opinion sur l’évolution des finances personnelles repasse en territoire positif, signe d’un certain apaisement des anticipations.
Ce climat plus favorable se reflète également dans les perceptions liées à l’emploi et au niveau de vie. Les craintes concernant le chômage reculent sensiblement, même si elles restent présentes, tandis que les anticipations sur l’évolution des conditions de vie s’améliorent sans pour autant basculer dans le positif. En clair, le pessimisme diminue, mais ne disparaît pas.
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Dans le détail, la réalité quotidienne reste contrastée. Si près de 60% des ménages estiment que leurs revenus couvrent leurs dépenses, plus d’un tiers continue de s’endetter ou de puiser dans son épargne pour faire face aux charges courantes. La capacité d’épargne demeure d’ailleurs très limitée, avec une large majorité de Marocains qui ne prévoit pas de mettre de l’argent de côté dans les mois à venir.
Le principal facteur de tension reste l’inflation, en particulier sur les produits alimentaires. Une écrasante majorité de ménages constate une hausse des prix au cours des 12 derniers mois et anticipe la poursuite de cette tendance. Cette pression sur le pouvoir d’achat explique pourquoi une grande partie des foyers juge toujours inopportun l’achat de biens durables.
Au final, si l’indice de confiance marque une rupture avec la morosité observée en 2025, le tableau reste nuancé. Le regain d’optimisme repose davantage sur des attentes d’amélioration que sur une transformation immédiate des conditions économiques. Dans ce contexte, la consolidation de cette confiance dépendra largement de l’évolution des prix et du marché de l’emploi dans les mois à venir.

