Donald Trump affirme être sur le point de prendre une « décision finale » concernant un possible accord avec l’Iran destiné à mettre fin aux tensions militaires au Moyen-Orient. Washington exige notamment la destruction de l’uranium enrichi iranien, la réouverture totale du détroit d’Ormuz et l’abandon définitif de toute ambition nucléaire militaire par Téhéran.
Les États-Unis et l’Iran semblent engagés dans une phase décisive de leurs négociations après plusieurs semaines de tensions militaires et diplomatiques. Vendredi, Donald Trump a annoncé qu’il allait prendre une « décision finale » concernant un éventuel accord avec Téhéran, alors que des discussions indirectes se poursuivent en coulisses pour tenter de stabiliser la région.
Dans un message publié sur son réseau Truth Social, le président américain a indiqué qu’une réunion était en cours à la Maison-Blanche afin d’évaluer les conditions d’un compromis avec la République islamique.
Washington pose plusieurs exigences majeures. Donald Trump réclame d’abord un engagement formel de l’Iran à ne jamais se doter d’une arme nucléaire. Il exige également la destruction complète des stocks d’uranium enrichi ainsi que l’ouverture immédiate et sans restriction du détroit d’Ormuz, axe stratégique essentiel au commerce mondial du pétrole.
Le président américain a aussi affirmé que les mines marines placées dans le détroit devraient être retirées ou détruites, précisant que les États-Unis avaient déjà neutralisé plusieurs dispositifs grâce à leurs opérations navales.
«Le détroit d’Ormuz doit être immédiatement rouvert pour permettre un trafic maritime libre dans les deux sens», a insisté Donald Trump, affirmant par ailleurs que le blocus naval américain serait progressivement levé.
Selon plusieurs médias américains, dont Axios, un projet de protocole d’accord serait actuellement discuté entre les deux parties. Celui-ci prévoirait notamment une extension de 60 jours du cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril après les affrontements israélo-américains contre l’Iran.
Le texte évoqué inclurait un engagement iranien à ne pas développer d’arme nucléaire, tandis que les questions les plus sensibles liées au programme nucléaire seraient renvoyées à des négociations ultérieures.
En contrepartie, les États-Unis pourraient suspendre certaines sanctions économiques et autoriser l’Iran à reprendre partiellement ses exportations pétrolières. Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz commence d’ailleurs à reprendre progressivement, même si Téhéran maintient certaines restrictions envers les navires considérés comme «hostiles».
Du côté iranien, le ton reste cependant marqué par une forte méfiance. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a dénoncé les «demandes excessives» et les «positions contradictoires» de Washington, estimant que tout accord dépendrait d’un changement d’attitude américain.
Le président du Parlement iranien et négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf a également affiché sa défiance, affirmant que «seuls les actes comptent» et soulignant que «les missiles, et non les pourparlers», restent au cœur du rapport de force régional.
Le conflit, déclenché le 28 février après une offensive israélo-américaine contre l’Iran, a profondément bouleversé le Moyen-Orient et provoqué une flambée des prix de l’énergie. Plusieurs milliers de personnes auraient été tuées dans les différents fronts ouverts dans la région, notamment au Liban où les affrontements entre Israël et le Hezbollah se poursuivent malgré les appels au cessez-le-feu.
Le président libanais Joseph Aoun a d’ailleurs rappelé vendredi auprès du secrétaire d’État américain Marco Rubio qu’une trêve durable avec Israël restait «un passage obligé» pour toute avancée diplomatique régionale.

