Donald Trump a annoncé ce mercredi 12 février sur son réseau social Truth Social avoir eu une «conversation prolongée et très productive» avec Vladimir Poutine, lors de laquelle tous deux ont convenu de commencer à négocier «immédiatement» sur l’Ukraine.
À l’issue de cet entretien, le chef d’État américain a annoncé à des journalistes présents à la Maison Blanche, qu’il rencontrera son homologue russe «probablement» en Arabie saoudite, sans donner de date, et a prédit aussi un cessez-le-feu «dans un futur pas si lointain» en Ukraine.
«Nous avons convenu de travailler ensemble, très étroitement, y compris en nous rendant visite dans nos pays respectifs», a aussi écrit le président américain. «Nous voulons mettre fin aux millions de morts liées à la guerre Russie/Ukraine. Le président Poutine a même utilisé mon très percutant slogan de campagne: “BON SENS”. Nous y croyons tous deux très fortement», s’est félicité le président américain dans sa publication.
Une «solution de long terme»
«Nous avons parlé des forces de nos nations respectives et du grand bénéfice qu’il y aura un jour à travailler ensemble», a encore écrit Donald Trump, en rapportant ce premier échange avec le président russe depuis son retour au pouvoir le 20 janvier. «Je veux remercier le président Poutine pour le temps et l’effort consacré à ce coup de fil, et pour la remise en liberté hier de Marc Fogel », un Américain qui était détenu en Russie, a aussi déclaré le président américain.
De son côté, Vladimir Poutine a dit à Donald Trump, vouloir trouver une «solution de long terme» au conflit ukrainien via des «pourparlers de paix», a annoncé le Kremlin, parlant d’un appel téléphonique d’une heure et demie. «Le président Poutine a mentionné la nécessité de s’attaquer aux causes profondes du conflit et a convenu avec Trump qu’une solution à long terme pouvait être trouvée par le biais de pourparlers de paix», a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Quelques instants plus tard, Volodymyr Zelensky a affirmé avoir évoqué au téléphone avec son homologue américain Donald Trump les «possibilités de parvenir à la paix» en Ukraine. «Nous avons longuement parlé des possibilités de parvenir à la paix», a affirmé le président ukrainien sur X, précisant que le chef d’Etat américain avait partagé avec lui les «détails de sa conversation avec Poutine».
L’Europe inquiète
Donald Trump, jusque-là peu disert sur ses intentions vis-à-vis de l’Ukraine, s’est engagé à mettre rapidement fin au «carnage» de la guerre, y compris en faisant pression sur Kiev, qui a reçu des milliards de dollars d’aide militaire de Washington sous son prédécesseur démocrate Joe Biden.
L’appel téléphonique entre les deux dirigeants survient au lendemain de la libération par la Russie d’un Américain, Marc Fogel, condamné à 14 ans de prison pour possession de drogue. En retour, Washington a accepté de libérer le Russe Alexander Vinnik, un expert en informatique accusé de multiples crimes liés à la plate-forme d’échange de cryptomonnaies BTC-e, a indiqué mercredi responsable américain, sous couvert d’anonymat.
La Maison-Blanche avait dit mardi espérer que cet échange marque le «début d’une relation» avec la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Dans le même temps, à Bruxelles, le ministre américain de Défense, Pete Hegseth, a clairement tracé mercredi les lignes rouges de Donald Trump sur l’Otan et l’Ukraine. Il a jugé «irréaliste» d’envisager un retour de l’Ukraine à ses frontières d’avant 2014, c’est-à-dire comprenant la Crimée. De même, une adhésion de l’Ukraine à l’Alliance atlantique à l’issue de négociations de paix, n’est «pas réaliste», a-t-il dit.
Les Européens redoutent qu’un éventuel accord de paix entre l’Ukraine et la Russie ne se fasse sans eux et au détriment de Kiev. «Il n’y aura aucune paix juste et durable en Ukraine sans la participation des Européens», a déclaré le chef de la diplomatie Français Jean-Noël Barrot, tandis que ses homologues allemande Annalena Baerbock et espagnol José Manuel Albares Bueno assuraient qu’aucune décision sur l’Ukraine ne pouvait être prise «sans l’Ukraine». Le conflit en Ukraine, lancé après l’invasion russe en février 2022, a fait des centaines de milliers de morts et de blessés en près de trois ans.

