Le déficit commercial du Maroc s’est sensiblement creusé en 2025, atteignant plus de 353 milliards de dirhams, sous l’effet d’une progression soutenue des importations, nettement supérieure à celle des exportations. Malgré la bonne tenue des phosphates et de l’aéronautique, les échanges extérieurs restent marqués par un déséquilibre structurel, selon les données de l’Office des Changes.
Le déficit commercial du Maroc s’est établi à près de 353,15 milliards de dirhams à fin décembre 2025, enregistrant une hausse de 15,8% par rapport à l’année précédente, selon l’Office des Changes. Cette aggravation résulte d’une augmentation des importations de biens plus rapide que celle des exportations, traduisant un déséquilibre persistant des échanges extérieurs.
Les importations ont progressé de 8% pour atteindre plus de 822 milliards de dirhams, soit une hausse annuelle de près de 61 milliards de dirhams. Cette évolution est portée principalement par les produits finis d’équipement, en augmentation de 13,3% à 199 milliards de dirhams, notamment en raison de la hausse des achats de véhicules utilitaires, d’aéronefs et de composants aéronautiques. Les produits finis de consommation ont également enregistré une forte progression (+11,8%) pour s’établir à plus de 203 milliards de dirhams, tirée par l’augmentation des importations de voitures de tourisme, de médicaments et d’équipements électroniques.
La hausse des importations a aussi concerné les produits bruts (+31,5%), les demi-produits (+4,8%) et les produits alimentaires (+3,3%). En revanche, la facture énergétique a reculé de 5,5% à 107 milliards de dirhams, sous l’effet d’une baisse des prix des produits pétroliers, malgré une augmentation des volumes importés.
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Du côté des exportations, la croissance est restée modérée, avec une progression de 2,8% à environ 469 milliards de dirhams. Cette évolution a été principalement soutenue par le secteur des phosphates et dérivés, dont les exportations ont augmenté de près de 14,6% pour atteindre 99 milliards de dirhams, portées par la hausse des ventes d’engrais et d’acide phosphorique. Le secteur de l’aéronautique a également affiché une performance notable, avec une croissance de 10% à près de 29 milliards de dirhams.
À l’inverse, plusieurs secteurs ont enregistré des replis. Les exportations du textile et cuir ont reculé de 4,5%, tandis que le secteur automobile a affiché une baisse de 2%, pénalisé par le recul du segment construction, malgré la progression du câblage et des équipements intérieurs. Les exportations agricoles et agroalimentaires sont restées globalement stables.
Parallèlement, l’Office des Changes fait état d’une amélioration de la balance des services, dont l’excédent a progressé de 14,2% à près de 160 milliards de dirhams, portée par la hausse des exportations de services. Les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont également augmenté de 2,6% pour atteindre 122 milliards de dirhams, contribuant partiellement à l’atténuation du déficit global.

