Le maître incontesté de la Tagnaouite, Mâalem Mustapha Bakbou, s’est éteint ce lundi à Marrakech à l’âge de 72 ans, laissant derrière lui un héritage musical et spirituel qui a marqué plusieurs générations.
Né en 1953 à Marrakech dans une famille profondément attachée à la tradition gnaouie, Mustapha Bakbou s’est initié dès son plus jeune âge aux rituels et aux sonorités du guembri. Sa voix grave, son jeu singulier et sa créativité l’ont rapidement hissé au rang des figures incontournables de la Tagnaouite.
Il débute sa carrière au sein de plusieurs formations locales, dont Noujoum Al Hamra, avant de rejoindre, dans les années 1980, la légendaire troupe Jil Jilala. Entre musique populaire et spiritualité gnaouie, son parcours témoigne d’un rare équilibre entre authenticité et innovation.
Véritable ambassadeur de l’art gnaoui, Mâalem Bakbou a participé à d’innombrables festivals au Maroc et à l’étranger, notamment le Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira, dont il fut l’un des piliers. Il y a multiplié les créations croisées, collaborant avec des musiciens de renom tels que les jazzmen Will Calhoun et Marc Cary, les Touaregs de Tinariwen ou encore le bassiste danois Peter Danstrup avec qui il enregistra l’album Aïcha en 1996.
À travers ses lilas, ses concerts et ses collaborations, il a incarné une génération de maîtres, aux côtés de figures comme Mahmoud Guinea ou Abdelkebir Merchane, qui ont contribué à inscrire la musique gnaouie dans le patrimoine universel.
Le défunt a été inhumé lundi après-midi dans sa ville natale, Marrakech. Son départ laisse un vide immense dans l’univers gnaoui, mais son empreinte restera vivante dans la mémoire musicale marocaine et internationale.

