Une vague d’attaques informatiques d’une ampleur inédite frappe actuellement les équipements de sécurité réseau, notamment les VPN et pare-feu de marques renommées telles que Palo Alto Networks, Ivanti et SonicWall. Mobilisant près de 2,8 millions d’adresses IP, cette offensive repose sur des techniques de force brute, menaçant la sécurité des entreprises et des particuliers à l’échelle mondiale.
Repérée par la Shadowserver Foundation, une organisation spécialisée en cybersécurité, cette campagne malveillante s’est intensifiée ces dernières semaines. Les cybercriminels utilisent des programmes automatisés pour tester inlassablement différentes combinaisons d’identifiants jusqu’à prendre le contrôle des appareils ciblés. Une fois compromis, ces équipements deviennent des points d’entrée pour d’autres attaques, mettant en péril des réseaux entiers.
L’attaque est orchestrée depuis un vaste réseau d’appareils déjà infectés, principalement des routeurs et objets connectés des constructeurs MikroTik, Huawei, Cisco, Boa et ZTE. Ces équipements compromis servent de relais aux hackers pour multiplier les tentatives d’intrusion sans éveiller les soupçons. La majorité des adresses IP impliquées proviennent du Brésil (1,1 million), suivi par la Turquie, la Russie, l’Argentine et le Mexique.
Pour échapper aux dispositifs de défense et éviter d’être bloqués, les cybercriminels exploitent des réseaux proxy résidentiels. Contrairement aux proxies classiques, ces adresses IP sont associées à de véritables abonnés Internet, rendant leur détection bien plus complexe. Cette tactique permet aux hackers de dissimuler l’origine réelle de leurs attaques et de contourner les systèmes de protection habituels.
Ce n’est pas la première attaque massive de ce genre. En avril dernier, Cisco avait déjà signalé une recrudescence des tentatives de force brute visant des périphériques réseau de grandes marques. Toutefois, la campagne actuelle se distingue par son ampleur et son niveau de sophistication, mobilisant un nombre inédit d’adresses IP.
Quels sont les risques et comment se protéger ?
Les conséquences de cette attaque peuvent être désastreuses. Les entreprises risquent des pertes financières importantes, des fuites de données sensibles et des interruptions de service, tandis que les particuliers sont menacés par des vols d’identité et des transactions frauduleuses. De plus, les appareils compromis peuvent être utilisés pour mener d’autres cyberattaques, comme des attaques par déni de service distribué (DDoS).
Pour se prémunir contre ces risques, les experts recommandent plusieurs mesures essentielles :
- Utiliser des mots de passe robustes et uniques pour chaque appareil afin de compliquer les attaques par force brute.
- Activer l’authentification à deux facteurs (2FA) pour renforcer la protection des comptes administrateurs.
- Restreindre l’accès aux interfaces d’administration en autorisant uniquement certaines adresses IP de confiance.
- Désactiver les accès web non essentiels pour limiter les points d’entrée potentiels.
- Mettre à jour régulièrement les firmwares et correctifs de sécurité afin de combler les failles exploitées par les hackers.
- Remplacer les équipements obsolètes qui ne bénéficient plus de mises à jour de sécurité.
Face à cette menace grandissante, la vigilance et l’application stricte des bonnes pratiques en matière de cybersécurité sont essentielles pour limiter les risques et protéger les infrastructures numériques.

