Après les exploits de plusieurs légendes marocaines, dont la star mondiale Badr Hari, c’est désormais au tour de Tarik Khbabez de briller dans le monde du kick-boxing. Le champion marocain a récemment été sacré champion du monde des poids mi-lourds, après avoir remporté un combat historique face à Bahram Rajabzadeh (Azerbaïdjanais-Iranien), dans le cadre du championnat Glory 104, organisé à Rotterdam, aux Pays-Bas.
Le samedi 11 octobre 2025 restera une date marquante dans la carrière de Tarik Khbabez, surnommé « The Tank » dans le milieu sportif. En reconquérant le titre mondial qu’il avait perdu l’année précédente, il a rendu au Maroc sa place sur la carte mondiale du kick-boxing, confirmant la constance de l’excellence marocaine sur les grandes scènes internationales.
Dans une interview accordée à la MAP, Tarik a affirmé que ce succès est le fruit de la persévérance et de la volonté : « C’est la détermination à relever tous les défis, quels qu’ils soient, qui fait les champions ».
Il a, dans ce sens, ajouté que sa défaite face au Lituanien Sergei Maslovayev en juin 2025 « n’était qu’une étape sur le chemin du retour vers le sommet », évoquant « l’apogée vécue en brandissant le drapeau marocain sur le ring et en dédiant ce titre à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste ».
Revenant sur son dernier combat, Tarik confie : « Le sacre est venu après un affrontement intense contre Bahram Rajabzadeh. Selon les observateurs, j’ai réalisé une performance héroïque, riche en émotions et en suspense. Nous avons échangé des coups puissants et des attaques tactiques, mais j’ai gardé mon sang-froid et fait preuve d’une grande force mentale. Après cinq rounds acharnés, j’ai remporté la victoire par décision unanime des juges, sous les applaudissements chaleureux du public ».
Submergé par l’émotion, il poursuit : « Le moment où le drapeau national a été hissé, alors que le public marocain chantait l’hymne national, a comblé le fossé entre l’expatriation et l’appartenance à la mère patrie, entre le rêve personnel et la joie partagée de la diaspora marocaine. À travers ce combat, j’ai voulu prouver que le pugiliste marocain est d’une trempe exceptionnelle, qu’il ne connaît pas la défaite, et que le sport est pour lui un message de fierté et d’identité. »
Né le 20 avril 1992 à Rabat, Tarik Khbabez a émigré aux Pays-Bas à l’âge de huit ans. À Amsterdam, il s’adonnait d’abord au football de rue avant de se tourner, à 14 ans, vers le kick-boxing, inspiré par les exploits de Badr Hari et d’autres icônes marocaines.
Il se souvient : « Le parcours n’a pas été facile. Jusqu’à 26 ans, je jouais sans moyens financiers suffisants. J’ai souvent songé à abandonner, mais grâce à la confiance en mes capacités, à mon travail acharné, à ma foi en Dieu et au soutien de ma mère, j’ai surmonté tous les obstacles. Chaque difficulté était en réalité une motivation supplémentaire pour avancer ».
Sa détermination finit par payer lorsqu’il signe un premier contrat avec One Championship, avant de rejoindre en 2020 l’organisation Glory, qui lui offre un contrat de quatre ans. Il devient ainsi le premier Marocain à remporter la ceinture Glory.
Interrogé sur le secret de la réussite marocaine en kick-boxing, Tarik répond avec un sourire : « Le secret, c’est notre lien profond avec notre pays et nos ancêtres qui nous pousse à nous battre pour honorer le drapeau et rendre fier le public marocain qui nous soutient partout dans le monde ».
Concernant la possibilité de combattre un jour au Maroc, il confie : « Mon rêve est de faire un combat dans mon pays natal. J’ai déjà fait part à l’organisation Glory de mon souhait de concrétiser ce projet avec mon agent ».
À propos de son avenir, Tarik explique vouloir s’installer définitivement au Maroc après sa retraite, pour vivre auprès de sa famille et investir dans le sport, notamment dans le kick-boxing, très populaire auprès du public marocain.
Enfin, s’adressant aux jeunes Marocains désireux de suivre ses pas, il livre un message inspirant : “La clé du succès vient toujours de la souffrance. À l’image des grands champions marocains comme Badr Hari, Jamal Ben Saddik, Ismael Lazaar ou Nabil Haryouli, je crois en une devise : l’impossible n’est pas marocain”.
Il conclut en saluant la victoire historique de l’équipe nationale U20 à la Coupe du monde, preuve selon lui de la force de caractère et du talent marocains.

