La 17ème édition du Festival de Fès de la Culture Soufie et des Sagesses du Monde a débuté, samedi en fin d’après-midi sous le thème “Vivre poétiquement, art et spiritualité”.
Ouvrant cette évènement artistique et spirituel, Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le président du Festival, Faouzi Skali a souligné que cette manifestation, à la fois profondément marocaine et universelle, cherche à faire émerger à partir de Fès une âme poétique et spirituelle qui s’exprime de fait dans plusieurs cultures et civilisations.
“Comme une image inversée de la dystopie du monde actuel ces rencontres de Fès nous rappellent que toute crise véritable est d’abord une crise de sens”, a-t-il estimé, ajoutant que le festival ne prétend pas apporter des réponses, “mais pendant une dizaine de jour Fès peut devenir, et devient de fait, l’espace expérimental, où cette immersion poétique devient possible”.
A l’instar des éditions précédentes, a noté Skalli, le Festival “rendra hommage au patrimoine spirituel marocain à travers ses ṭuruq, véritables écoles des cheminements de l’âme”, ajoutant que “leurs chants, leurs danses, leurs poésies font du soufisme une culture spirituelle vivante où l’art musical et les chants poétiques deviennent prière en mouvement et lieu de communion”.
Et de noter que les conférences prévues dans le cadre de festival constituent “un véritable forum des consciences”, en ce sens qu’elles ouvriront un dialogue autour d’une question centrale à savoir “comment vivre poétiquement dans un monde en mutation, voire parfois en dislocation ?”
Auparavant, l’artiste albanais Enris Qinami, passionné par les traditions de la mystique et des arts de l’Islam, a donné en compagnie de la Sénégalaise Senny Camara, le ton avec une prestation sublime ayant mené, à travers sa poésie d’inspiration soufie, aux influences Méditerranéennes et d’Asie centrale, l’assistance, dont Marocains et des touristes, dans un voyage musical aux teintes persanes, ottomanes et arabes.
Par la suite l’écrivain américain Michael Barry a inauguré le cycle de conférence scientifiques en animant une rencontre intitulée “trois mystiques dans le miroir de l’âme : abû-Hamid Al Ghazali, Nizami Et Rumi”. Cette conférence a été l’occasion de célébrer le dialogue entre pensée, poésie et quête spirituelle à travers le “miroir de l’âme”.
Le conférencier a abordé ce sujet soufi et universel à savoir l’âme du miroir, “une représentation du cœur et de la capacité de l’être humain à réfléchir”.
Dans une déclaration à la MAP, M. Barry a souligné l’importance du débat soufi du festival de Fès, en ce sens qu’il s’érige en “phare pour la planète”, ajoutant que qu’”au milieu de toutes ces guerres et ces massacres qui touchent le monde, les rencontres de Fès sont devenues les plus hauts lieux de la spiritualité mondiale et nous y discutons entre toutes les religions dans une approche à la fois humaniste et mystique”.
Initiée par l’Association du Festival de Fès de la Culture Soufie, cette 17ème édition vise à faire découvrir, ou redécouvrir, au public marocain la richesse artistique, intellectuelle et spirituelle du soufisme, tout en offrant un espace de dialogue et de rencontre entre les traditions du monde.
Côté artistique, figure une série de concerts et de rituels spirituels mettant en valeur la diversité des traditions soufies à travers le monde, dont une soirée d’ouverture avec le concert “Présence – Hadra” porté par Noureddine Tahiri et Curro Piñana (Maroc/Espagne). Le 20 octobre, le public découvrira Senny Camara (Sénégal).
Chaque soirée offrira ensuite une immersion dans une tradition soufie distincte : Qawwali indien avec Anwar Sabri (19 octobre), Tariqa Qadiriya (20 octobre), Tariqa Charaqawiya (21 octobre), Tariqa Sqaliya (23 octobre), ainsi qu’un hommage aux maîtres andalous avec Mohammed Briouel, Marouane Hajji et Noureddine Tahiri (22 octobre).
Le Parc Jnan Sbil accueillera le 22 octobre, le concert “Cappella de Ministreres” avec Françoise Atlan et Carles Magraner, suivi du concert “Fès, patrimoine universel : Les grands maîtres de la musique andalouse”. Le 23 octobre, un concert dédié à Niccolò Paganini, sous la direction artistique et au violon de Federico Guglielmo, sera présenté en partenariat avec la Fondation Ducci.
Le 24 octobre, le public assistera à la comédie musicale “Boudour Wa Joussour : La huppe et les douze oiseaux”, avant une soirée de clôture le 25 octobre consacrée à une création originale intitulée “La passion d’El Harraq”, en hommage à l’un des grands poètes mystiques du soufisme.
Le programme de cette édition prévoit également plusieurs soirées poétiques et rencontres intellectuelles abordant les liens entre la culture soufie et les enjeux du monde contemporain, tels que l’écologie, la paix intérieure et la coexistence.
Ces échanges auront lieu dans des sites emblématiques de Fès, offrant un cadre propice à la réflexion et au dialogue interculturel.

