Alors que l’Organisation météorologique mondiale estime à 80 % la probabilité d’un retour du phénomène El Niño durant l’été 2026, la Direction générale de la météorologie appelle à nuancer son impact sur le Maroc. Selon les experts, les précipitations et les vagues de chaleur observées dans le Royaume dépendent avant tout de mécanismes climatiques régionaux.
L’annonce d’un probable retour du phénomène climatique El Niño entre juin et août 2026 suscite de nombreuses interrogations quant à ses conséquences sur le Maroc, notamment dans un contexte marqué par plusieurs années de sécheresse et par la multiplication des épisodes de chaleur extrême.
Selon les dernières prévisions de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), la probabilité de voir réapparaître les conditions associées à El Niño atteint désormais 80 %. Toutefois, la Direction générale de la météorologie (DGM) estime que les effets de ce phénomène mondial sur le climat marocain restent limités et largement influencés par des facteurs régionaux.
Dans une récente analyse, la DGM souligne que les précipitations au Maroc ne sont pas directement déterminées par les variations de température observées dans l’océan Pacifique. Les pluies hivernales dépendent principalement d’autres mécanismes atmosphériques, notamment l’Oscillation nord-atlantique (NAO) et les circulations météorologiques propres au bassin méditerranéen.
Si certaines études ont observé une baisse des précipitations printanières dans certaines zones arides et semi-arides lors de certains épisodes El Niño, les spécialistes rappellent que cette relation demeure faible et irrégulière. L’expérience récente illustre d’ailleurs cette complexité : entre 2020 et 2024, le Maroc a connu plusieurs années de sécheresse sévère alors même que les conditions mondiales étaient dominées par La Niña, traditionnellement associée à des conditions plus humides dans certaines régions du monde.
Concernant les températures, les experts soulignent que les vagues de chaleur observées au Maroc résultent principalement de phénomènes régionaux. Les remontées d’air chaud saharien, les épisodes de chergui et certaines situations de blocage atmosphérique demeurent les principaux facteurs à l’origine des records thermiques enregistrés ces dernières années.
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L’exemple de l’été 2023 est souvent cité par les météorologues. Bien que cette période ait coïncidé avec un épisode El Niño à l’échelle mondiale, le record historique de 50,4 °C enregistré à Agadir a été attribué essentiellement à une puissante remontée d’air saharien, renforcée par les effets du relief de l’Atlas.
Pour la DGM, El Niño peut contribuer à une hausse du niveau général des températures mondiales, mais il ne constitue pas le principal moteur des événements climatiques extrêmes observés au Maroc. Les configurations atmosphériques régionales continuent de jouer un rôle déterminant dans l’évolution du climat national.
Les autorités météorologiques soulignent néanmoins l’importance d’un suivi permanent de ce phénomène, en particulier pour les secteurs les plus exposés aux aléas climatiques tels que l’agriculture, les ressources hydriques et l’élevage. Dans ce cadre, la DGM poursuit le renforcement de ses dispositifs de veille et d’alerte précoce, en s’appuyant sur les modèles climatiques les plus récents et sur les initiatives internationales de surveillance du climat.
Au final, si le retour d’El Niño mérite une attention particulière à l’échelle mondiale, les experts invitent à éviter les conclusions hâtives. Au Maroc, l’évolution des précipitations et des températures continuera avant tout d’être dictée par les mécanismes climatiques régionaux qui façonnent le climat du Royaume.

