Soutenu par la Banque africaine de développement, le programme « CAP Compétences 2030 » ambitionne de transformer en profondeur la formation professionnelle au Maroc. Objectif : mieux répondre aux besoins du marché du travail, tout en favorisant l’insertion des jeunes et l’inclusion sociale.
Face à un chômage persistant, notamment chez les jeunes, le Maroc engage une réforme d’ampleur de son système de formation professionnelle. Le programme « CAP Compétences 2030 », inscrit dans la Feuille de route pour l’emploi et le Nouveau modèle de développement, se veut une réponse structurée aux déséquilibres du marché du travail.
Avec un taux de chômage national de 13,3 % et plus d’un tiers des jeunes sans emploi, formation ou études, l’enjeu est de taille. Le dispositif vise à améliorer la qualité et la pertinence des formations, tout en facilitant l’accès à l’emploi salarié et à l’auto-emploi, en particulier pour les publics les plus vulnérables.
Le programme repose sur trois axes majeurs. Le premier concerne l’élargissement de l’accès à une formation adaptée aux besoins économiques. Il prévoit notamment la généralisation du programme « Tadaroj », qui combine apprentissage pratique en entreprise et formation théorique, avec l’objectif de toucher 260.000 jeunes à l’horizon 2030. De nouveaux instituts sectoriels, notamment dans les métiers de l’eau et de l’aviation, viendront renforcer cette offre.
Le deuxième axe porte sur l’insertion professionnelle. À travers l’extension du programme « Taehil », destiné à 60.000 bénéficiaires, il s’agit de rapprocher davantage la formation des besoins concrets des entreprises, notamment dans les secteurs en tension. Des unités mobiles seront également déployées en milieu rural afin d’élargir l’accès à la formation et à l’orientation.
Le troisième pilier concerne la transformation digitale du système. La modernisation des services, notamment au niveau de l’ANAPEC, passera par le développement d’outils numériques d’accompagnement, incluant orientation, e-coaching et plateformes interactives. Cette digitalisation vise à améliorer l’efficacité du suivi et l’accès aux opportunités.
Cependant, la mise en œuvre du programme soulève aussi des défis. L’évaluation environnementale et sociale menée en amont a identifié plusieurs risques, notamment liés à la protection des données, à l’exclusion numérique ou encore aux impacts des infrastructures en construction. Bien que jugés modérés, ces risques nécessitent des mesures d’accompagnement spécifiques.
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Un plan d’action environnemental et social a ainsi été intégré au programme, incluant le renforcement des capacités institutionnelles, la mise en place de mécanismes de suivi et de gestion des plaintes, ainsi que des audits réguliers. Ces dispositifs conditionnent en partie le financement, dans une logique de gestion axée sur les résultats.
Au-delà de ses objectifs opérationnels, « CAP Compétences 2030 » s’inscrit comme un levier central de la stratégie nationale visant à ramener le chômage à 9 % d’ici la fin de la décennie. Entre modernisation, inclusion et adaptation aux mutations économiques, le programme incarne une volonté de refondation du lien entre formation et emploi au Maroc.

