À l’aube de la Coupe d’Afrique des nations 2025 (CAN 2025), la cartographie des sélectionneurs engagés avec les 24 équipes qualifiées révèle une mutation profonde du football africain. Les entraîneurs africains sont désormais majoritaires sur les bancs, signe d’une montée en compétence locale et d’une confiance renouvelée des fédérations, tandis que l’ère des « sorciers blancs » tend à s’estomper.
À trois jours du coup d’envoi de la CAN 2025, le profil des sélectionneurs en poste illustre une évolution structurelle du paysage technique du football africain. Longtemps dominés par des entraîneurs européens, les bancs des sélections africaines sont aujourd’hui majoritairement occupés par des techniciens du continent, qu’ils soient nationaux ou issus d’autres pays africains.
De plus en plus de fédérations ont fait le choix de miser sur des entraîneurs locaux, privilégiant la continuité, la connaissance du terrain et l’appropriation des réalités culturelles et sportives. Le Maroc s’appuie ainsi sur Walid Regragui, le Sénégal sur Pape Thiaw, la Tunisie sur Sami Trabelsi et l’Égypte sur Hossam Hassan. Le Cameroun, le Gabon, le Mozambique, le Burkina Faso ou encore la Guinée équatoriale s’inscrivent dans la même dynamique, confirmant une volonté de valorisation des compétences nationales.
Parallèlement, une coopération technique intra-africaine se dessine de plus en plus clairement. Certaines sélections ont opté pour des entraîneurs africains non nationaux, témoignant d’une circulation accrue des savoir-faire sur le continent. Le Nigeria a confié sa sélection à Éric Chelle, le Soudan à Kwesi Appiah, tandis que le Botswana et la Zambie ont respectivement choisi Morena Ramoreboli et Moses Sichone. Ces choix traduisent une reconnaissance mutuelle des compétences africaines au-delà des frontières nationales.
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Les techniciens européens restent toutefois présents et conservent une influence notable. La Belgique, la France, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie ou encore l’Argentine comptent plusieurs représentants sur les bancs africains. Leur rôle, désormais moins dominant, s’inscrit davantage dans une logique d’expertise complémentaire que de suprématie technique.
Cette répartition marque un tournant symbolique. Les entraîneurs étrangers, autrefois perçus comme indispensables, ne constituent plus la norme. La CAN 2025 consacre ainsi la maturité du football africain sur le plan technique, portée par la professionnalisation des cadres locaux, le développement des formations et une confiance affirmée des fédérations dans leurs propres ressources. Une évolution qui pourrait durablement redéfinir l’équilibre des forces sur les bancs du continent.

