Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a été officiellement investi candidat à l’élection présidentielle d’octobre par le Parti des travailleurs (PT). À 80 ans, le chef de l’État affirme être « en pleine forme » et présente cette campagne comme la dernière de sa carrière politique. Il affrontera notamment Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro.
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a officiellement lancé sa campagne pour l’élection présidentielle d’octobre après avoir été investi, dimanche, par le Parti des travailleurs (PT) lors de sa convention nationale organisée à São Paulo.
À 80 ans, le chef de l’État ambitionne de décrocher un quatrième mandat à la tête de la première économie d’Amérique latine. En cas de victoire, il deviendrait le président le plus âgé de l’histoire du Brésil à exercer cette fonction.
Devant plusieurs milliers de militants réunis dans la capitale économique du pays, Lula s’est voulu rassurant sur sa condition physique.
« Je suis en pleine forme », a-t-il affirmé, expliquant entretenir quotidiennement sa santé par la pratique d’exercices physiques. « Je veux me battre contre la vieillesse », a-t-il lancé, avant d’assurer que cette campagne serait la dernière de sa longue carrière politique.
Un bilan comme principal argument
Dans un discours de plus d’une heure, l’ancien dirigeant syndical a mis en avant les résultats de son gouvernement pour convaincre les électeurs.
« Celui qui a agi peut promettre davantage. Celui qui n’a rien fait n’a rien à promettre », a-t-il déclaré, estimant que son bilan constitue le meilleur argument en faveur d’une nouvelle candidature.
Revenu au pouvoir en 2023 après avoir dirigé le pays entre 2003 et 2010, Lula entend poursuivre les politiques sociales et économiques engagées depuis son retour au pouvoir.
Pour illustrer sa longévité politique, il s’est même comparé aux légendes du football Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, qui ont disputé six Coupes du monde. « Ce sera ma septième Coupe du monde », a-t-il plaisanté, en référence à sa septième candidature à l’élection présidentielle.
Un duel attendu avec Flavio Bolsonaro
Le scrutin d’octobre verra s’affronter deux héritiers des grands courants politiques qui dominent le Brésil depuis plusieurs années.
Lula sera opposé au sénateur Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, actuellement détenu dans le cadre d’une affaire liée à une tentative présumée de coup d’État.
Le président sortant reconduira son binôme avec le vice-président Geraldo Alckmin, déjà à ses côtés lors de la victoire électorale de 2022.
Selon un récent sondage de l’institut Datafolha, Lula disposerait d’une légère avance au second tour avec 48 % des intentions de vote, contre 43 % pour Flavio Bolsonaro.
La souveraineté au cœur de la campagne
Au-delà des enjeux économiques et sociaux, la campagne de Lula sera largement articulée autour de la défense de la souveraineté nationale.
Le président du Parti des travailleurs, Edinho Silva, a estimé que cette élection dépasserait le seul cadre brésilien et aurait des répercussions sur l’ensemble de l’Amérique latine.
Ce thème intervient dans un contexte de tensions avec les États-Unis. Lula accuse notamment Flavio Bolsonaro et son entourage d’avoir favorisé les pressions exercées par Washington contre l’économie brésilienne, une accusation rejetée par son adversaire.
Sans citer directement le président américain Donald Trump, allié de la famille Bolsonaro, Lula a multiplié les références à la défense des intérêts du Brésil, faisant de la souveraineté l’un des principaux axes de son ultime campagne présidentielle.
À quelques semaines du scrutin, cette nouvelle confrontation entre le chef de l’État et le camp Bolsonaro s’annonce comme l’un des rendez-vous politiques les plus suivis en Amérique latine, tant par ses implications nationales que par ses répercussions sur l’équilibre politique de la région.

