Le Maroc a multiplié par plus de deux ses importations de blé russe au cours de la campagne agricole 2024-2025, atteignant un niveau record.
Face à une production céréalière nationale en chute libre, le Maroc a plus que doublé ses importations de blé en provenance de Russie au cours de la campagne agricole 2024-2025, atteignant plus de 1,1 million de tonnes à la fin juin. Ce volume, en hausse de 130% par rapport à la saison précédente, positionne le Royaume parmi les principaux clients du blé russe, derrière l’Égypte, la Turquie et le Bangladesh, mais désormais devant le Nigeria ou l’Iran.
Ce recours renforcé au marché russe s’inscrit dans une stratégie de sécurisation alimentaire, dans un contexte marqué par une consommation nationale estimée entre 9 et 10 millions de tonnes par an et une récolte céréalière locale historiquement basse. Le ministère de l’Agriculture a en effet annoncé une production de seulement 5,51 millions de tonnes en 2023, soit une chute de 67% par rapport à la campagne 2021-2022, principalement en raison d’une sécheresse persistante et de précipitations irrégulières.
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La Russie, avec une prévision d’exportation dépassant les 42 millions de tonnes pour cette campagne, bénéficie de conditions climatiques favorables et de prix compétitifs qui en font un fournisseur de choix pour les pays importateurs. Le Maroc tire également profit des récents aménagements portuaires et du renforcement des capacités de stockage opérés à Casablanca, Jorf Lasfar ou encore Nador, facilitant l’acheminement rapide des cargaisons céréalières vers les minoteries.
Outre le Maroc, d’autres pays comme le Vietnam, la Libye et le Bangladesh ont eux aussi augmenté significativement leurs importations de blé russe. Dans le même temps, certains partenaires historiques de Moscou comme l’Iran ou l’Arabie Saoudite ont réduit leurs achats. La diversification géographique engagée par la Russie s’est accompagnée de la reprise des exportations vers la Sierra Leone et le Togo, absents du circuit depuis plusieurs années.
Pour le Royaume, cette dynamique s’inscrit dans une politique pragmatique d’adaptation aux contraintes climatiques et de stabilisation du marché intérieur des céréales. Elle reflète aussi l’ambition de consolider une sécurité alimentaire durable, tout en réduisant la vulnérabilité aux fluctuations de la production locale.

