Grâce aux précipitations soutenues de ces derniers mois, les réserves des barrages au Maroc ont quasiment doublé en un an, atteignant près de 13 milliards de m³. Une amélioration majeure qui profite à l’agriculture et atténue la pression du stress hydrique, malgré des disparités persistantes entre régions.
Le Maroc enregistre une nette amélioration de ses ressources en eau. À la mi-avril 2026, les réserves des barrages avoisinent les 12,9 milliards de m³, contre un peu plus de 6,4 milliards à la même période en 2025. Le taux de remplissage global atteint près de 75%, contre seulement 38% un an auparavant.
Cette progression s’inscrit dans le sillage d’une saison pluviale particulièrement favorable, marquée par une pluviométrie en hausse de plus de 50% par rapport à la moyenne des dernières décennies. Les apports récents continuent d’alimenter cette dynamique, confirmant un véritable rebond hydrique après plusieurs années de sécheresse.
Plusieurs grands barrages affichent désormais des niveaux de remplissage très élevés. C’est le cas notamment de Bin El Ouidane, Idriss Ier ou encore Sidi Mohammed Ben Abdellah, qui frôlent ou dépassent les 90%.
Le barrage Al Wahda, plus grand ouvrage hydraulique du Royaume, maintient également un niveau solide, dépassant les 86%. Certains ouvrages, comme Dar Khrofa, atteignent même leur capacité maximale.
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Cependant, tous les barrages ne bénéficient pas de la même situation. Al Massira, malgré une amélioration notable par rapport à l’an dernier, reste en dessous des 40%, illustrant les déséquilibres persistants entre bassins.
À l’échelle nationale, les contrastes restent visibles. Les bassins du Loukkos, du Bouregreg, du Sebou ou encore du Tensift affichent des taux de remplissage élevés, souvent supérieurs à 85%.
En revanche, certaines régions demeurent plus fragiles. Le Souss-Massa, le Guir-Ziz-Ghris ou encore Draa-Oued Noun continuent d’enregistrer des niveaux plus modestes, révélant une vulnérabilité structurelle face aux aléas climatiques.
Cette amélioration des ressources en eau a des retombées directes sur le secteur agricole. Les réserves actuelles permettent de couvrir les besoins des cultures printanières et estivales, tout en sécurisant le début de la prochaine campagne.
Les indicateurs sont déjà au vert : la production d’olives dépasse les 2 millions de tonnes, les agrumes progressent significativement, et la filière des dattes enregistre une forte hausse. Les pâturages bénéficient également de ces conditions favorables, contribuant à la reconstitution du cheptel.
Si les indicateurs sont au vert, cette embellie reste dépendante de la régularité des précipitations. Après plusieurs années de stress hydrique, le Maroc amorce un redressement significatif, sans pour autant sortir totalement de sa vulnérabilité structurelle.
La gestion durable de l’eau et la réduction des disparités territoriales demeurent ainsi des enjeux clés pour consolider cette dynamique positive.

