Alors que plus de 90 % des adultes possèdent un téléphone portable et que le pays investit massivement dans la digitalisation, plus de la moitié des Marocains restent exclus du système bancaire. Le dernier rapport Global Findex 2025 de la Banque mondiale révèle un paradoxe inquiétant : un écosystème technologique avancé, mais une inclusion financière toujours faible, notamment chez les femmes et les ménages à faibles revenus.
Malgré un environnement numérique avancé et un système financier bien développé, l’inclusion bancaire au Maroc reste dramatiquement en retard. Selon le rapport Global Findex 2025 de la Banque mondiale, seulement 44 % des adultes marocains possédaient un compte bancaire ou un portefeuille mobile en 2024, soit un taux inchangé depuis 2021. Le Royaume reste ainsi en deçà de la moyenne régionale (53 %), loin derrière des pays comme la Jordanie (66 %) ou l’Égypte (64 %).
Plus préoccupant encore, seuls 32 % des adultes ont effectué ou reçu un paiement numérique durant l’année écoulée, malgré un taux de possession de téléphones portables de 90 % et un accès à Internet de 65 %. Le rapport souligne ainsi une fracture entre connectivité numérique et usage effectif des services financiers.
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Le recours aux services financiers formels reste marginal : seuls 6 % des adultes épargnent dans une institution bancaire, et 1 % ont contracté un crédit officiel. La majorité continue de s’appuyer sur les circuits informels, notamment familiaux, pour répondre à leurs besoins financiers. Les inégalités de genre aggravent cette situation : seules 35 % des femmes détiennent un compte bancaire, contre 55 % des hommes.
Face à ce constat, la Banque mondiale appelle à renforcer les politiques publiques ciblées, notamment en direction des femmes et des populations rurales ou à faibles revenus. Le développement de portefeuilles électroniques accessibles, l’éducation financière et la sécurité numérique sont jugés essentiels pour rattraper le retard.
Bien que le Maroc ait mobilisé plus de 2 milliards de dollars entre 2019 et 2023 pour promouvoir l’inclusion financière, les résultats tardent à se matérialiser. L’enjeu est crucial : au-delà de l’accès aux services, il s’agit d’un levier pour la croissance, l’innovation, et une participation économique plus équitable.

