Alors que le parquet de Nanterre a requis le renvoi d’Achraf Hakimi devant la cour criminelle pour viol présumé, le Club des Avocats au Maroc tire la sonnette d’alarme. L’organisation pointe des « irrégularités majeures » dans la procédure et annonce la création d’une commission indépendante pour surveiller le procès.
Accusé de viol par une jeune femme de 24 ans, l’international marocain de 26 ans clame son innocence depuis l’ouverture de l’enquête en février 2023. Après plus de deux ans d’instruction, le parquet a rendu un réquisitoire définitif en juillet 2025, laissant au juge d’instruction le soin de décider d’un éventuel renvoi devant la cour criminelle.
Dans un communiqué diffusé le 1er août, le Club des Avocats au Maroc, présidé par Me Mourad Elajouti, dénonce un « déclenchement inhabituel de la procédure » : enquête ouverte sur simple déclaration, sans dépôt de plainte, ni certificat médical, ni constatations médico-légales. L’association déplore également l’absence d’éléments probants — aucun témoin direct, aucune expertise médicale ou psychologique — et estime que « la seule déclaration de la plaignante ne saurait suffire à justifier un renvoi criminel ».
Autre grief majeur : la durée excessive de l’instruction, jugée contraire au principe du « délai raisonnable » garanti par la Convention européenne des droits de l’homme. « Près de deux ans et demi se sont écoulés entre la mise en examen et le réquisitoire définitif, une justice qui tarde est une justice niée », insiste le communiqué.
La médiatisation précoce de l’affaire, perçue comme portant atteinte à la présomption d’innocence, et le maintien d’une qualification criminelle jugée « non caractérisée » complètent la liste des critiques. Face à ces constats, le Club des Avocats au Maroc annonce la création d’une commission d’observation indépendante chargée de suivre l’évolution de la procédure et de veiller au respect des droits fondamentaux.
En attendant la décision du juge d’instruction, Achraf Hakimi maintient sa ligne de défense et affirme avoir été victime d’une manipulation.

