Mis sous pression après l’ouverture d’une enquête du parquet national financier portant sur ses liens avec Jeffrey Epstein, Jack Lang a annoncé sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe. Une décision qui intervient après plusieurs jours de tensions politiques et institutionnelles, et qui marque la fin d’un long mandat à la tête de l’IMA.
Pressé de quitter la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA) depuis plusieurs jours, Jack Lang a finalement annoncé samedi sa démission, dans un contexte de fortes turbulences liées à une enquête financière le visant, ainsi que sa fille, Caroline Lang. L’ancien ministre de la Culture a indiqué, dans un courrier adressé au ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qu’il proposerait officiellement son départ lors d’un prochain conseil d’administration extraordinaire.
Le chef de la diplomatie française a immédiatement pris acte de cette décision, précisant qu’un conseil d’administration serait convoqué dans un délai de sept jours afin de désigner un président ou une présidente par intérim. L’Élysée a également confirmé son alignement sur cette position, ouvrant ainsi la voie à la désignation d’un successeur à la tête de cette institution culturelle emblématique.
Âgé de 86 ans, Jack Lang met fin à son quatrième mandat à la présidence de l’IMA, qu’il dirigeait depuis 2013. Son départ intervient après la publication, fin janvier, de millions de documents issus d’un nouveau volet des « dossiers Epstein », mettant en lumière des liens personnels et financiers entre l’ancien ministre et le financier américain Jeffrey Epstein, décédé en prison en 2019.
Le parquet national financier a ouvert vendredi une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant Jack Lang et sa fille, à la suite de révélations du média Mediapart. Les documents rendus publics font état de relations suivies entre les deux hommes, notamment autour de projets immobiliers, dont une possible transaction portant sur un bien situé à Marrakech.
Longtemps sur la défensive, Jack Lang avait, dans un premier temps, exclu toute démission, affirmant n’avoir jamais eu connaissance du passé judiciaire de Jeffrey Epstein au moment de leurs échanges. Il a toutefois reconnu l’existence de relations, tout en dénonçant des « accusations inexactes » et en réaffirmant son innocence. Dans sa lettre au ministre des Affaires étrangères, il se dit déterminé à démontrer que les soupçons portés contre lui sont infondés et se félicite de la saisine de la justice.
Selon son avocat, l’ancien ministre se dit à la fois profondément affecté par son départ d’une institution qu’il affirme avoir contribué à faire rayonner sur la scène internationale, et résolu à se défendre face à ce qu’il qualifie de calomnies. De son côté, sa fille Caroline Lang a déjà quitté plusieurs responsabilités professionnelles après les révélations la concernant.
Cette démission met un terme à une semaine de fortes pressions politiques, marquée notamment par des prises de position critiques au sein de la classe politique et par l’intervention directe de l’exécutif français. Elle ouvre également une nouvelle phase pour l’Institut du monde arabe, institution au statut hybride, financée majoritairement par la France aux côtés de plusieurs États arabes, et dont la gouvernance devra être rapidement stabilisée.

