Porté par une dynamique industrielle soutenue et des investissements stratégiques, le Maroc accélère son ambition de devenir un acteur majeur de l’aéronautique, avec en ligne de mire la fabrication d’un avion 100% marocain à l’horizon 2030.
En l’espace de deux décennies, le Maroc a réussi à s’imposer comme une plateforme incontournable de l’industrie aéronautique mondiale. Aujourd’hui, le Royaume participe déjà à la fabrication de près de 42% des composants d’un avion, une performance qui témoigne de la montée en puissance d’un écosystème industriel structuré et compétitif.
Mais Rabat ne compte pas s’arrêter là. L’objectif est désormais clairement affiché : franchir un nouveau cap en produisant localement un moteur d’avion d’ici 2027, avant de concrétiser, à l’horizon 2030, le projet ambitieux d’un avion entièrement conçu et fabriqué au Maroc.
Cette ambition s’appuie sur une stratégie industrielle construite autour de partenariats avec des leaders mondiaux du secteur. Parmi eux, le groupe français Safran, présent au Maroc depuis plus de deux décennies, joue un rôle central. Son récent investissement de 280 millions d’euros dans une usine dédiée aux systèmes de trains d’atterrissage à Nouaceur illustre cette dynamique. Ce projet vise notamment à accompagner la montée en cadence de la production de la famille Airbus A320, l’avion le plus vendu au monde, tout en préparant les futures générations d’appareils.
Au-delà de Safran, d’autres acteurs majeurs contribuent à structurer la filière. L’équipementier Mecachrome, implanté depuis 2008, a renforcé sa présence industrielle, notamment à Tanger, où ses unités spécialisées dans les aérostructures bénéficient d’un environnement attractif, entre proximité avec l’Europe et incitations fiscales.
Ces investissements ont permis l’émergence progressive d’un véritable écosystème local. Des entreprises marocaines commencent à s’imposer dans la chaîne de valeur, à l’image de Tronico Atlas Electronic, première société africaine à obtenir la certification Nadcap, un standard de référence dans l’aéronautique. Ce type de reconnaissance internationale contribue à renforcer la crédibilité du tissu industriel national et à attirer de nouveaux acteurs.
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Le développement de cette industrie repose également sur des mécanismes de soutien public, notamment un fonds de développement industriel doté de près de 1,9 milliard d’euros sur sept ans, visant à stimuler l’investissement et à accompagner la montée en compétences locales.
Au-delà des enjeux industriels, cette ambition s’inscrit dans un contexte global de transformation du secteur aérien. À l’horizon 2030, une part croissante des carburants devra provenir de sources de synthèse, intégrant notamment l’hydrogène vert, dans un effort mondial de réduction de l’empreinte carbone d’un secteur responsable d’environ 3% des émissions de CO₂.
Dans cette perspective, le Maroc entend non seulement renforcer sa position dans les chaînes de valeur mondiales, mais aussi s’inscrire dans les nouvelles exigences environnementales de l’industrie. Un double défi qui pourrait faire du Royaume un acteur émergent de l’aéronautique du futur.

