Le 26 décembre 2004, un séisme de magnitude 9,1 au large de Sumatra déclenchait un tsunami dévastateur qui a emporté plus de 226 000 vies. Des vagues monstrueuses, jusqu’à 30 mètres de haut, ont frappé 14 pays d’Asie du Sud-Est et jusqu’en Somalie. À l’époque, les nations touchées étaient mal préparées à une telle catastrophe. Vingt ans plus tard, malgré les progrès réalisés pour améliorer les systèmes d’alerte, la douleur reste vive. Le souvenir de ce drame, le plus meurtrier de l’histoire, demeure intact.
Ce matin du 26 décembre 2024, à Banda Aceh, une sirène a retenti exactement à l’heure où le tsunami a frappé l’Indonésie, pour honorer les près de 166 000 victimes. Aux abords de la fosse commune d’Ulee Lheue, où reposent 14 000 corps, des prières et des poésies ont été récitées par des habitants en larmes. « Ce fut un enfer, un cauchemar sans fin », témoigne Hasnawati, une Indonésienne de 54 ans, qui a vu sa famille détruite en quelques secondes.
À Banda Aceh, une prière collective a eu lieu à la grande mosquée, tandis qu’en Thaïlande, à Ban Nam Khem, des proches ont déposé des fleurs colorées devant un mémorial gravé des noms des 5 000 victimes. Parmi elles, près de la moitié étaient des touristes étrangers. « Le temps passe vite, mais dans notre esprit, il semble s’être arrêté », explique Napaporn Pakawan, 55 ans, qui a perdu sa sœur et sa nièce.
Neuf pays de l’océan Indien ont aussi été touchés. Au Sri Lanka, où 35 000 personnes ont perdu la vie, des cérémonies religieuses ont eu lieu sur tout le territoire. À Peraliya, près de Colombo, des proches de victimes et des rescapés doivent embarquer à bord du train Ocean Queen Express en direction de Peraliya (90 kilomètres au sud de Colombo), où des wagons avaient été emportés, faisant environ 1 000 morts.
Le tsunami toujours dans les mémoires
Depuis 2004, les systèmes d’alerte ont fait d’énormes progrès. Aujourd’hui, plus de 1 400 stations dans le monde permettent d’informer les populations en cas de formation de tsunami, quelques minutes seulement après l’occurrence du phénomène. Mais ces avancées ne suffisent pas à effacer la douleur des survivants. « J’espère que nous ne vivrons jamais plus une chose pareille, confie Nilawati, une Indonésienne de 60 ans, qui a perdu son fils et sa mère. C’est une souffrance que l’on ne peut pas décrire », souffle-t-elle.
Pour Marziani, une enseignante indonésienne, le traumatisme persiste : « Je me sentais coupable de n’avoir pu protéger mon enfant. Ce sentiment m’a poursuivi pendant des mois. » Aujourd’hui, les survivants cherchent avant tout à préserver la mémoire de ceux qui ont disparu. « C’est comme si cela s’était passé hier », ajoute Nilawati.

